L’armée au nord de la 50: la mairesse veut éviter un «boulet financier»
Par Mathieu Bélanger, Le Droit
17 juin 2026
«L’angle d’analyse qu’on doit prendre, c’est de voir si ce projet est bon pour les gens de Gatineau, ou si, au final, ça va devenir un boulet financier.»
La mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, a ainsi réagi pour la première fois, mercredi, au vaste projet de développement économique et militaire en gestation au nord de l’Autoroute 50 révélé par Le Droit, lundi matin.
«Il y a des discussions, on regarde ça avec ouverture, mais après ça, il y a aussi des préoccupations, évidemment, a-t-elle ajouté. Ce projet est proposé à l’extérieur du périmètre urbain. Il y aurait nécessairement un impact sur les infrastructures. Il y a aussi des préoccupations citoyennes. La conseillère du quartier, Chloé Bourgeois en parlait mardi.»
Cette dernière a rappelé que dans ce dossier, sa «priorité» allait être les citoyens de Bellevue.
«Je veux m’assurer que ça va respecter tout ce que les citoyens aiment de leur quartier, je ne veux pas que ça change, a indiqué Mme Bourgeois, mardi. J’ai déjà commencé à recevoir des questions concernant les transports et ce qui se passerait avec la montée Paiement et tout ça. […] On va poser des questions et on voudra avoir des réponses. Ça va être important que le conseil soit mis au courant. Moi, j’aimerais bien être mise au courant parce que c’est dans mon secteur et que je reçois déjà beaucoup de messages.»
Pas de présentation au conseil à court terme
Cette demande de séance d’information à l’intention du conseil rejoint celle formulée mardi dans Le Droit par la présidente de la commission du développement économique, Tiffany-Lee Norris-Parent. Cette dernière disait souhaiter une présentation au conseil municipal rapidement, voire avant les vacances estivales.
La mairesse Marquis-Bissonnette n’est cependant pas à ce point pressée d’informer le conseil dans ce dossier parce qu’il doit encore faire l’objet de précision et qu’il évolue «de jour en jour», a-t-elle indiqué. Dans ce contexte, elle estime qu’il sera «difficile» d’en saisir le conseil avant les vacances.
«Ce n’est pas un projet qui a été déposé formellement à la Ville et ce sont des discussions à haut niveau, a-t-elle plaidé. Il faut aussi que la Défense détermine ses besoins. C’est sûr qu’ultimement, le conseil devra en être informé, mais, pour l’instant, ça doit encore être raffiné.»
Faisant écho aux informations diffusées par son cabinet, en début de semaine, la mairesse a ajouté que le projet piloté par la rectrice de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et le chef de la direction de Multivesco, François Juneau, n’est «pas un bloc monolithique». Mme Marquis-Bissonnette est d’avis que certaines composantes du projet, notamment en cybersécurité, pourraient tout aussi bien se réaliser dans un lieu à l’intérieur du périmètre urbain, sans engendrer le même impact pour les citoyens qu’une proposition sur un site excentré comme celui proposé par la firme Multivesco, au nord de l’autoroute 50.
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