Yves Therrien
Le Soleil
(Québec) Un centre de données verra le jour à Québec en janvier 2014. Le projet évalué à quelque 60 millions $ sera du type colocation pour les compagnies en technologies ayant besoin d'un espace sécurisé pour leurs serveurs.
Il s'agira du troisième centre de données au Québec construit et exploité selon les normes de sécurité Tiers III, les deux autres étant ceux de Bell à Buckingham, en Outaouais, et de Telus, à Rimouski.
Ce sera le deuxième au Québec construit de A à Z et non une conversion de bâtiment, explique Philippe Thériault, partenaire majeur dans le projet avec le groupe Bilodeau immobilier, connu dans la région de Québec pour ses projets dans les grands domaines de Sillery et la conversion de l'édifice de CHRC, sur le chemin Sainte-Foy.
En entretien téléphonique du Qatar, où il travaille sur des projets de même nature, M. Thériault soutient que les grandes entreprises en technologie pourront compter sur un centre de données à la fine pointe lorsqu'elles voudront soumissionner sur des projets gouvernementaux exigeant l'hébergement des serveurs dans un centre de données répondant aux normes internationales de l'Uptime Institute.
Consultant en télécommunication et ancien spécialiste chez Bell pour les services d'hébergement, M. Thériault précise que le projet s'est amorcé à l'été 2012 en envisageant l'option de convertir un bâtiment existant, mais au final, l'avenue d'un édifice neuf était plus appropriée. Des négociations sont en cours avec des clients, certains auraient signé des engagements, mais aucun nom ne peut être dévoilé pour l'instant.
Du côté des emplois, une trentaine pourrait être créés au fil des ans. Puisqu'il s'agit d'un service de location des infrastructures, les entreprises occuperont de l'espace avec leurs serveurs, leurs logiciels et leur équipe technique. De manière indirecte, s'il y avait création d'une entreprise spécialisée dans l'infonuagique et les applications dans le nuage, et avec la croissance des compagnies de technologies en fonction des projets à venir, quelques centaines d'emplois pourraient être créés à la suite de cet investissement initial.
«Ce pourrait être une occasion pour Almérys d'installer des serveurs à Québec, ajoute M. Thériault, sans avoir à construire leur propre centre d'hébergement de données. Ce sera aussi une occasion en or pour les entreprises de Québec de garder l'hébergement de leurs serveurs dans la région de Québec au lieu de les déménager dans une autre ville.»
Un phare
Pour Jean-Pierre Bilodeau, autre instigateur du projet, «ce centre de données sera un phare dans le secteur des technologies de l'information à Québec. Les différentes organisations offrant des services en technologies de l'information pourront s'en servir pour développer une toute nouvelle gamme de services gérés ou infonuagiques [cloud computing] pour leurs clients d'ici ou d'ailleurs. Ce désir de compléter et non pas d'entrer en compétition avec les acteurs de l'industrie explique pourquoi nous avons choisi une approche de vente en gros permettant à nos clients d'y apporter leur valeur ajoutée avant d'offrir le service à leur clientèle.»
Ce complexe de haute technologie, nommé Interplex Centre de données, sera situé à Québec sur le boulevard de l'Auvergne. Dans les 65 000 pieds2 de superficie, quelque 40 000 pieds2 serviront pour plusieurs salles d'hébergement de serveurs, construites en plusieurs phases, en plus un immeuble de bureaux, tout cela dans une enceinte hautement sécurisée.
Une question de température
Parmi les raisons qui amènent le centre de données Interplex à s'installer à Québec, c'est la température. «Ce nouveau centre misera sur la nordicité de Québec pour optimiser la climatisation des équipements informatiques qui y seront hébergés via l'emploi de technologies modernes qui en feront un des centres les plus performants en ce niveau en Amérique du Nord», indiquent les promoteurs.
Telus a fait les mêmes constatations pour installer son centre de données à Rimouski. La température joue un rôle important. Lorsqu'il fait froid, la chaleur dégagée par les rangées de serveurs est récupérée pour servir à réchauffer en partie le reste du bâtiment en hiver. Il n'est pas nécessaire d'utiliser la climatisation 12 mois par année, mais les opérateurs des centres installés dans les régions nordiques utilisent le froid à leur avantage.
Source:
http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaire...yberpresse_B9_affaires_3004_section_POS3