Le bulldozer écrase les opposants
Le Journal de Québec
08/07/2008 09h56
Le conseil municipal de Québec donne son aval au projet résidentiel et commercial de 300 millions $ sur le site anciennement propriété de la Congrégation des Soeurs du Bon-Pasteur, situé sur le Chemin Sainte-Foy.
Cet épineux dossier a donc été liquidé immédiatement avant la dernière séance du conseil municipal précédant les vacances d'été et dans l'euphorie du succès des célébrations du 400e.
Le projet déposé conjointement par la SSQ et le Mouvement Desjardins prévoit la construction de 700 logements et il a été baptisé la Cité verte. Il s'appuie «sur des principes de développement durable et de qualité de vie, dans le respect des qualités paysagères et bâties du site et du quartier», souligne-t-on dans un communiqué publié par la Ville de Québec.
La réalisation du projet a été fortement contestée au cours du processus de consultation par des citoyens qui craignaient pour leur qualité de vie. Fait inusité, l'annonce de la décision d'aller de l'avant a été faite hier au cours d'un point de presse convoqué le jour même et réunissant le maire Régis Labeaume et le chef de l'opposition, M. Jean-Marie Matte. L'appui du RMQ lève la barrière «parlementaire» qui bloquait l'administration Labeaume, minoritaire au conseil municipal. Le conseil d'arrondissement de La Cité a même décidé de ne pas poursuivre le processus d'adoption du règlement modifiant le zonage et a demandé au conseil de la ville d'utiliser l'article 74,4 de la Charte de la Ville de Québec pour se soustraire au processus référendaire. Les citoyens opposés au projet ne pourront donc mener campagne et tenter de lui faire obstruction par un vote populaire.
Le comité exécutif, de son côté, a recommandé au conseil d'agglomération d'adopter le règlement sur la réalisation du projet d'habitation dans le cadre d'un programme de logement social. Ce règlement autorisera les groupes d'habitation de 3 à 37 logements et plus sur le site où se situe le projet.
Interet collectif
C'est la première fois que ce pouvoir discrétionnaire est exercé à Québec. Le maire Régis Labeaume a renversé les arguments sur une négation du processus démocratique. «C'est antidémocratique ce qui existe actuellement, selon le maire. Ça permet des décisions en faveur d'intérêts particuliers, au détriment de l'intérêt général.»
La conseillère indépendante Anne Guérette, une architecte préoccupée par l'aménagement urbain, s'est dite de son côté «très mal à l'aise face aux citoyens.»