Une tour de 20 étages sur le site de l’ancien Vice Versa à Hull
Par Mathieu Bélanger, Le Droit
26 juin 2026 à 04h03
L’ancien magasin de meubles Vice Versa a été au centre de bien des spéculations depuis près de 20 ans à l’angle des rues Montcalm et Wellington, dans le centre-ville de Gatineau.
Le propriétaire du magasin, Stefan Cayer, avait fait les manchettes et semé la controverse autour de 2009 avec un projet d’immeuble de 15 étages. Un an plus tard, on apprenait que la Ville de Gatineau, sous l’administration du maire Marc Bureau, planifiait rien de moins que son expropriation pour y construire le futur aréna Guertin. L’idée est ensuite tombée dans l’oubli.
En 2019, la firme Multivesco a tenté d’y attirer 3000 fonctionnaires fédéraux dans de nouvelles tours. Un débat de vision sur l’avenir de la rue Montcalm s’est alors enclenché. Le projet a aussi disparu des écrans radars. Multivesco a ensuite revendu le terrain à une société en commandite liée à la firme Kevlar qui a construit le Bloome, sur le boulevard Saint-Joseph.
Kevlar vient d’y faire approuver par le comité consultatif d’urbanisme (CCU), en début de semaine, un projet immobilier de 304 logements comprenant une tour résidentielle de 20 étages et près de 600m² d’espaces commerciaux. Le promoteur a déjà l’autorisation de démolir l’ancien magasin. Il ne manque plus que le sceau du conseil municipal pour approuver la série de dérogations nécessaires pour régulariser le projet.
Le magasin Vice Versa qui a occupait le 50, rue Montcalm depuis 1996 a toujours pignon sur rue Montcalm, mais un peu plus au nord.
L’immeuble proposé par Kevlar comprend trois blocs qui forment un U avec une cour intérieure au centre. Il occupera la partie ouest de l’ilot délimité par les rues Montcalm, Wright, Saint-Rédempteur et Wellington. Un basilaire de cinq étages bordera les rues Montcalm et Wright, alors que la tour s’élèvera en bordure de la rue Wellington, qui accueille déjà des immeubles de même gabarit. L’entrée principale sera sur la rue Montcalm.
Le projet doit intégrer quatre habitations de type «maison de ville» de trois chambres chacune sur la rue Wright. Un peu plus de la moitié des logements du complexe résidentiel n’offriront qu’une chambre, alors que le tiers comprendra deux chambres. D’après la fiche d’analyse du projet, il n’est pas prévu d’intégrer du logement abordable. Un stationnement souterrain de 180 places doit être aménagé.
«Honnêtement, c’est un beau projet, ajoute-t-il cependant. Il y a eu du va-et-vient avec le comité consultatif d’urbanisme. Certaines opinions ont pu être exprimées. Les citoyens ont été consultés. De ce que j’entends, le projet est bien reçu. Il a été ajusté. Je vais l’appuyer et j’ai hâte qu’il se réalise.»
L’Association des résidents de l’île de Hull est moins enthousiaste que le conseiller Moran. Le responsable des enjeux d’urbanisme au sein du groupe, Claude Royer, reconnait que cette dernière mouture est moins «lourde» pour la rue Wright, mais il demeure critique par rapport à plusieurs éléments du projet.
«On a effectivement été consulté, mais est-ce qu’on est vraiment écouté? se demande-t-il. J’ai de plus en plus l’impression que les citoyens sont instrumentalisés pour permettre aux promoteurs de cocher des cases. On se sert de nous pour légitimer des projets et des demandes de dérogation.»
M. Royer est d’avis que le choix des matériaux et des couleurs de l’immeuble [noir et blanc] s’harmonise mal avec le quartier. Il estime aussi que la cour intérieure aurait dû permettre un passage entre les rues Wright et Wellington.
La prochaine séance du conseil municipal est le 7 juillet.
Adoption du PPU remise
Steve Moran a par ailleurs confirmé au Droit que l’adoption du Programme particulier d’urbanisme (PPU) de l’île de Hull ne sera pas adoptée par le conseil municipal avant les vacances estivales, comme le prévoyait le calendrier.
«Je préfère que ce soit bien fait plutôt que vite fait, a plaidé M. Moran. Il y a eu beaucoup de consultations et de commentaires. Le service de l’urbanisme travaille sur plusieurs dossiers en même temps. Ça ne me dérange pas que ça prenne plus de temps pour s’assurer d’aller chercher l’acceptabilité sociale et que tous les commentaires soient analysés et inclus au dossier.»
L’avenir de grands projets immobiliers totalisant plus de 1000 logements sera déterminé par le PPU, notamment le projet d’hôtel et 600 logements sur les terrains de l’ancien couvent des Servantes de Jésus-Marie, sur la rue Laurier, ainsi que le projet de trois tours de la firme Oktodev, en face du parc Jacques-Cartier.
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