Musée régional: les gens d’affaires craignent un dérapage
Par Mathieu Bélanger, Le Droit
18 juin 2026 à 04h03
Le refus de la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, de considérer l’édifice de la Fonderie pour héberger le Musée régional de l’Outaouais (MRO), comme le lui proposent la direction du musée et le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, jette une incertitude dans le dossier qui «préoccupe» la Chambre de commerce de Gatineau (CCG).
Comme l’avait fait l’organisme Culture Outaouais, la semaine dernière, la chambre de commerce a interpellé Le Droit, mercredi, afin de lancer «un cri du cœur». L’organisation souhaite éviter que le projet de musée régional et ses promesses de retombées économiques ne se transforment en un autre débat sur le choix d’un site, à Gatineau. Son directeur, Étienne Fredette, redoute que le dossier devienne un enjeu électoral, alors que le fruit est mûr, dit-il.
«Je ne suis pas un spécialiste en choix de site pour un musée, alors je fais confiance à ceux qui ont été chargés de faire ces analyses-là, affirme le directeur général de la CCG. Je me fie aux gens du musée. La Fonderie n’est peut-être le premier choix, mais on s’entend que c’est un choix éclairé. J’imagine que le ministre Lacombe n’a pas juste décidé de planter ça là sans avoir vu les analyses.»
La mairesse Marquis-Bissonnette est apparue moins tranchée que la semaine dernière dans ses propos, mercredi, quant à la possibilité d’accueillir le MRO au rez-de-chaussée de la Fonderie. Elle affirmait, jeudi dernier, que le vieil édifice industriel n’est «pas un bon lieu» pour le musée et fermait la porte à une telle éventualité. Mercredi, en marge de la réunion du comité exécutif, elle a indiqué que «les discussions se poursuivent avec le MRO, le ministère de la Culture et le cabinet du ministre Lacombe».
Elle a rappelé que tous les partenaires impliqués ont comme objectif de réaliser ce projet. «Là, on a un ministre en fin de mandat qui veut offrir une subvention à ce projet-là, a-t-elle dit. Notre objectif est de lui permettre d’offrir cette subvention pour permettre au projet de continuer de cheminer et d’ultimement s’établir dans le centre-ville.»
Tout dépend de la contribution sur la table
La question du lieu pour héberger la nouvelle infrastructure culturelle régionale est aussi une question de montage financier, a ajouté la mairesse de Gatineau. «Qu’est-ce que ça coûte de s’installer à une place? C’est là qu’il y a encore du travail à faire, autant pour le MRO que pour le ministère et de notre côté, a-t-elle mentionné. […] Tout dépend de la contribution que les partenaires sont prêts à mettre sur la table. Le rez-de-chaussée de la Fonderie a des défis significatifs. Ce sont des dizaines de millions qui sont nécessaires pour mettre à niveau cet édifice-là. C’est ça qu’on demande aux partenaires de prendre aussi en considération.»
Le Droit révélait la semaine dernière que le gouvernement du Québec s’apprête à annoncer un investissement de 20 millions de dollars pour la construction du musée dont le projet est évalué à environ 50 millions. Le ministre Lacombe doit en faire l’annonce prochainement. Un désaccord sur le choix du site a éclaté publiquement lorsque la mairesse a déclaré qu’elle n’était pas en faveur d’un musée à la Fonderie.
Dans un communiqué de presse publié quelques heures après la parution de l’article, la direction du MRO, réaffirmait que l’édifice de la Fonderie constituait le meilleur choix pour héberger le musée.
M. Fredette invite les deux paliers de gouvernement à conclure «rapidement» une entente pour réaliser ce projet de musée qui est attendu depuis des décennies dans la région. «Je ne peux pas croire qu’un compromis n’est pas possible, lance-t-il. On est très préoccupé par le débat qui se profile. Ça vient créer une incertitude. C’est très surprenant de voir la façon dont les choses se passent publiquement en ce moment. Il faut penser au développement régional. Il nous faut ce projet-là. Tout le monde est d’accord qu’il nous faut ce musée régional. Est-ce que l’ensemble des partis impliqués peuvent s’assurer cette fois qu’on ne fasse pas deux pas en arrière pour en faire un en avant?»
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