Qu'on le veuille ou non, à partir de maintenant ce sera le nom de cet artère.
Deux réflexions. La première : quand, dans une ville on fait du changement de nom d'une rue un sujet de discorde, d'opposition à son administration, d'unité derrière un projet commun - à savoir ici l'opposition au changement de nom -c'est que tout bien considéré, ça ne va pas si mal que ça. Comprennez-moi bien : Montréal ne traverse pas sa meilleure époque mais la situation n'est certe pas aussi terrible que la mauvaise humeur de certains pourrait nous laisser croire.
Deuxièmement :un très grand nombre de rues et de boulevards de notre ville ont plus d'une fois changé de nom. Exemple : la rue Saint-Antoine s'est déjà appelé chemin de la Petite-Rivière, rue du Canal, rue Craig.
Qui sait que la rue Sainte-Catherine s'est déjà appelé chemin Saint-Jacques ?
Je pourrais vous en donner des dizaines comme ça. Certaines plus récentes ( de Maisonneuve, René-Lévesque) d'autres plus anciennes. Qui sait comment aujourd'hui s'appelle la rue qui fût nommé à tour de rôle la rue des Carrières, rue Verchères et rue Paul-Kruger ?
Qui sait comment s'appelle aujourd'hui la rue qui autrefois porta le nom de rue Lannes et rue Pacific ?
La question que ne s'est pas posée le maire Tremblay est celle-çi : doit-on cesser de rendre hommage à des personnages importants de notre histoire récente en changeant des noms de rues (dans le cas de l'avenue du Parc : une rue qui porte un nom générique au bout du compte) sous prétexte que celle-ci devraient conserver leurs noms actuels à perpétuité ? Il y a encore à Montréal des rues aux noms génériques ( Crescent, avenue des Pins, etc...) qui seront plus que probablement l'objet un jour ou l'autre de changement de noms. De plus, doit-on espérer pour les héros et héroïnes de notre culture rien de plus qu'une rue de Pointe-aux-Trembles parce que c'est là que se trouve "the last frontier" du territoire à dévellopper sur cette île et cette ville ?
Est-il normal qu'une rue comme Sherbrooke porte le nom d'un obscur gouverneur-général qui n'a représenté la royauté brittanique en ce pays que pendant deux ans (1816-18 et la rue porte ce nom depuis 1817, soit pendant son court mandat) ? Robert Bourassa a-t-il laissé une empreinte plus profonde dans l'histoire de ce pays et de cette province que Sir John Coape Sherbrooke ?
Un jour ou l'autre, ce sera la rue Sherbrooke qui sera l'objet d'un projet de changement de nom !!