Un «clin d’oeil» au passé de 300 logements dans le centre-ville de Gatineau
Par Mathieu Bélanger, Le Droit
25 août 2026 à 04h02
Un immeuble emblématique disparu du paysage du Vieux-Hull depuis 50 ans pourrait bientôt renaître de ses cendres à l’angle de la promenade du Portage et de la rue Hôtel-de-Ville.
C’est à tout le moins un sérieux «clin d’œil» à l’ancien hôtel Windsor-Duvernay que souhaite faire Denis Ouellette, président de la firme Boless, avec son nouveau projet immobilier dans le centre-ville. Ce dernier a obtenu, la semaine dernière, l’autorisation de démolir l’actuel immeuble commercial de deux étages qui occupe sans grande envergure le site depuis la fin des années 1970.
En remplacement, Boless propose d’utiliser le terrain pour y construire, en angle, un bâtiment résidentiel et commercial qui rappellera aux plus vieux l’ancien hôtel construit au même endroit par l’homme d’affaires Napoléon Boucher, en 1927. L’hôtel Windsor a pendant des décennies été l’endroit de prédilection à Hull pour les gens d’affaires et les voyageurs de commerce. Ses 65 chambres, dont 40 étaient équipées d’un bain, ainsi que sa salle à manger capable d’accueillir 500 convives ont longtemps contribué à la réputation de l’endroit.
Fortement endommagé par un incendie, le vieil hôtel a croulé sous le pic des démolisseurs en 1978.
«On ne va pas refaire l’hôtel Windsor à l’identique, mais on a l’intention de proposer une architecture qui va certainement le rappeler, qui va lui faire un bon clin d’œil, précise Denis Ouellette. La forme du terrain, en pointe, permet une architecture intéressante.»
La présidente du comité consultatif d’urbanisme de Gatineau, Caroline Murray, précise que le projet devra d’abord faire l’objet d’analyses, puisqu’il se trouve dans le site du patrimoine Kent-Laval-Aubry et qu’il nécessitera quelques dérogations réglementaires. «Mais à première vue, c’est un projet qui a quelque chose de recherché et dont l’architecture est intéressante, dit-elle. C’est le sens dans lequel il faut aller dans ce secteur.»

L’immeuble actuel n’a aucune valeur patrimoniale. Il présente plusieurs signes de détérioration et d’infiltration d’eau, note le propriétaire. Les baux commerciaux toujours en vigueur comprennent tous une clause permettant d’y mettre fin dans le cadre d’un projet de redéveloppement. Bien que l’immeuble abrite encore quelques dizaines de chambres d’hôtel, l’endroit ne comprend aucun locataire en logement.
Le projet proposé par Boless comprend 300 logements, à savoir 166 logements d’une chambre, 89 de deux chambres, 17 de trois chambres et plus, ainsi que 25 studios. Il s’élèverait sur 13 étages, principalement sur la rue Hôtel-de-Ville, et serait réduit à quatre étages dans sa portion sur la rue Kent.
M. Ouellette précise que le projet présenté respecte les hauteurs et les usages prévus au zonage. Il souhaite obtenir les autorisations nécessaires cet automne afin de pouvoir bénéficier du programme de crédit de taxes à la construction domiciliaire au centre-ville et ainsi demeurer compétitif dans un marché qui commence à se resserrer, dit-il.
Le projet pourrait être en chantier dès l’été 2027 et accueillir ses premiers résidents quelque part en 2030.
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