Un programme de télésurveillance porte ses fruits à Montfort
Par Daniel LeBlanc, Le Droit
27 juillet 2025 à 04h02
Des visites aux urgences qui ont fondu de 75 % et un taux de réadmission deux fois moins élevé: un programme de télésurveillance des soins unique en province et instauré par l’Hôpital Montfort semble bien porter ses fruits.
Dédié spécifiquement aux patients atteints de certaines maladies chroniques – le diabète de type 2, l’insuffisance cardiaque, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et l’ostéomyélite, par exemple – le programme de télésurveillance améliorée des soins vise depuis 2022 à accompagner les patients à la suite d’une hospitalisation, question d’assurer un continuum de soins à distance tout en promouvant l’autonomie des gens.
«On sait que quand le patient part à la maison après son congé, c’est la période qui est la plus critique, après l’hospitalisation, pour les retours aux urgences, les réadmissions, l’anxiété. Ça va aider aussi dans l’autogestion [de la maladie chronique], le patient devient un peu plus autonome», plaide Gasline Ternier, directrice clinique des soins intégrés et ambulatoires.
Alléger la pression
Le concept, développé selon celle-ci pour entre autres fournir les soins «au bon endroit et bon moment» et ainsi alléger «la pression» sur les urgences, deux axes priorisés par Santé Ontario, permet aux patients d’avoir accès à un large soutien post-hospitalisation durant une période de six mois, par étapes.
«C’est vraiment pour essayer d’éviter les réadmissions. [...] C’est du 24/7 pendant les quatre premières semaines suivant le congé du patient comme soutien dans la communauté. Si jamais il y a des questions, des inquiétudes, tu as accès à parler à des infirmières, il y a des paramédics aussi qui font des visites [dans les 12 heures suivant la demande] selon les besoins et l’acuité [des soins] du patient», note Mme Ternier.
«C’est quand même quelque chose», souligne fièrement la responsable, ajoutant au passage qu’on compte quelque 800 interactions de coaching santé par semaine avec des patients «pour les outiller, renforcer leur autonomie à domicile, bonifier l’expérience avec les points de transition».
Plusieurs partenaires
Imaginé à l’Hôpital Montfort, le programme a été développé en partenariat avec les paramédics communautaires d’Ottawa et des Comtés unis de Prescott et Russell, Santé à domicile Ontario et l’équipe santé Ontario Archipel. L’Hôpital de Hawkesbury de même que l’Hôpital Queensway-Carleton y collaborent aussi.
«C’est un gros win pour nous mais aussi pour les patients, car personne qui n’a eu son congé ne veut retourner à l’hôpital tout de suite», soutient Mme Ternier.
Le programme de télésurveillance améliorée des soins a d’ailleurs été primé plus tôt cette année, se voyant reconnaître par l’Organisation des normes de santé (HSO) et Agrément Canada comme une pratique exemplaire en soins de santé.
«Cette reconnaissance célèbre non seulement une initiative exemplaire, mais surtout une approche collaborative, audacieuse et innovante qui transforme l’expérience des patients», avait alors indiqué Dominic Giroux, président-directeur général de l’Hôpital Montfort.
Seuls les résidents ontariens [Ottawa et l’Est ontarien] sont éligibles à ce programme, Santé à domicile Ontario et les paramédics ne desservant pas les patients du Québec.
Voie du futur
Dans une ère où la pénurie de main-d’œuvre sévit fortement, la responsabilisation des patients est de plus prônée et que l’étau se resserre passablement sur le réseau de santé – particulièrement les urgences – en raison notamment du vieillissement de la population, ce principe basé sur l’autogestion est un bel atout, estiment les autorités. Il y a cependant un équilibre à avoir, précise la responsable.
«C’est toujours difficile avec une maladie chronique de s’autogérer parce que ça peut devenir submergeant pour un patient d’essayer de tout gérer, de tout contrôler. Mais ce programme-là, définitivement, permet un renforcement de l’autonomie des patients avec tous les outils et ressources qu’on met à leur disposition, explique Mme Ternier. Ça rassure aussi l’usager de savoir que si jamais il ne se sent pas bien, il peut appeler une infirmière, avoir une visite des paramédics. C’est un processus qui donne un peu plus confiance à la personne.»
Ce programme est l’une des voies du futur, croit cette dernière.
«Ça se peut que je sois biaisée, parce que c’est mon équipe, mais je pense que c’est innovateur et la pandémie a eu un grain de sel là-dedans. On a pu sortir de nos zones de confort [dans le milieu hospitalier] pour vraiment explorer des programmes intercollaboratifs. C’est un programme qui répond réellement aux besoins des patients et assure une continuité, une accessibilité de soins, qui sont sécuritaires et fiables.
https://www.ledroit.com/actualites/s...E7G2EOBS524YU/